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La Paroisse
Homélie du 25ème dimanche du temps ordinaire
Homélie du 25ème dimanche du temps ordinaire

| Jean-Marc Lavigne 1038 mots

Homélie du 25ème dimanche du temps ordinaire

25ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE B

 

« Le Fils de l’homme est livré aux mains des  hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »

          Dans un contexte confidentiel, Jésus vient d’annoncer à ses disciples le point culminant de sa mission sur terre. Une révélation pesante et grave !

« Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. » poursuit le texte. Pour eux, comme pour le peuple juif de cette époque, l’avènement du Messie reste dans le domaine de la reconquête du pouvoir ; il était temps de redorer l’image de leur grande nation ! C’est pour cette raison que, depuis longtemps, la pensée d’occuper un poste à haute responsabilité dans ce royaume n’est pas étranger à leur esprit.

Et ce jour-là, alors que « Jésus traversait la Galilée avec disciples », un débat apparemment passionné s’anime au sein du groupe. Ils se demandaient qui, parmi eux, pouvait occuper le premier rang. Chacun rêvait d’être meilleur que l’autre, le préféré du Maître. Une bonne place au soleil !…

 

« Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : ‘De quoi discutiez-vous en chemin ?’ » Gênés, « ils se taisaient ! »

Mais, connaissant le cœur de l’homme, Jésus sait de quoi ils discutaient.

Sans reproche et à leur grande surprise, il place un enfant au milieu d’eux et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Pour être au plus près du Maître, il faut savoir se faire petit comme un enfant ! Jésus leur enseigne que le plus grand dans le Royaume des Cieux est celui qui sait accueillir le plus petit d’entre eux.

Il le précise en ces termes : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »

Les disciples étaient certainement interloqués et ne saisissaient pas toute la profondeur et la portée d’un tel geste.

Car, à l’époque de Jésus, l’enfant n’était pas adulé comme il l’est souvent aujourd’hui et n’occupait pas le devant de la scène. En demandant à ses disciples d’accueillir l’enfant, Jésus leur montre le chemin du service et crée un contraste cinglant avec leur rêve de grandeur.

« Accueillir un enfant », c’est porter attention aux plus petits, c’est aller à la rencontre des plus faibles sans rien attendre en retour. C’est mettre l’amour au service de ceux qui n’ont rien à offrir !

« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier tous et le serviteur de tous ». Voilà un discours franchement sévère ! Le message de Jésus est délibérément fort pour marquer les esprits.

C’est là la vraie noblesse du cœur. Cette attitude humble et bienveillante, quand elle est bien vécue, par une personne de pouvoir, fait du bien à l’humanité.

 

Donc le pouvoir est service et non recherche de son propre intérêt au détriment des autres.

Une nouvelle conception du pouvoir est ici proposée. Et Jésus lui-même a donné l’exemple en lavant les pieds des apôtres lors du dernier repas : « Vous m’appelez ‘Maître’ et ‘Seigneur’, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » (évangile selon saint Jean)

Jésus demande à ses disciples un don de soi, généreux et désintéressé. Voilà un message important !

 

== Dans notre société en ébullition, la compétition fait partie intégrante de notre quotidien. Personne ne peut y échapper.

Depuis notre premier jour à l’école jusque dans la vie professionnelle, on nous classe et on juge nos performances. Le côté positif de cette compétitivité, c’est qu’elle nous force à mettre en valeur nos capacités. Cela donne du dynamisme et de l’enthousiasme. Dans cette perspective, il vaut mieux être fort que faible, être admiré que blâmé.

Mais… mais si on ne fait pas attention, le revers de la médaille de cette âpre compétition c’est la première place, les honneurs, le profit, la considération… bien souvent acquis par la violence, la méchanceté, la manipulation, la tricherie…

Ces critères de la réussite sociale s’imposeront comme règle de conduite et feront des millions de victimes.

 

Jésus nous invite à entrer dans un autre dynamisme. Il nous invite à nous mettre en toute modestie au service des plus petits d’entre nous. La valeur d’une vie n’est ni dans le pouvoir ni à la première place.

 

Sur ce modèle que rappelle Jésus aujourd’hui, Mère Térésa nous montre sa belle voie.

Canonisée il y a 5 ans ce mois-ci, elle avait choisi de vivre dans une ville où règne la plus grande misère du monde, Calcutta. Elle se mit au service des plus malheureux, ceux dont personne ne s’occupait : les mourants, les lépreux, les enfants abandonnés…

On raconte le propos émouvant de cette pauvre personne recueillie dans un des mouroirs de Mère Térésa. Sur le point de mourir, il déclarait : « J’ai vécu toute ma vie comme un chien, mais au moins je meurs comme un homme. » Il avait croisé le regard très aimant de Mère Térésa avant d’expirer ; et à travers elle, le regard du Christ. Mère Térésa a su redonner la dignité à un laissé-pour-compte. Elle l’a fait au nom de cet Amour qui résidait en elle ! Un amour humble et désintéressé envers les plus petits et les plus malchanceux. À travers eux, c’est Jésus qui est là ! « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25:45)

 

Faisons en sorte que ce message d’Amour et de service soit bien présent dans notre cœur. Faisons nôtre cette magnifique prière de saint Ignace de Loyola : « Seigneur Jésus, apprends-nous à être généreux, à te servir comme tu le mérites, à donner sans compter, à combattre sans souci des blessures, à travailler sans chercher le repos, à nous dépenser sans attendre d’autre récompense que celle de savoir que nous faisons ta volonté ! »

                                                            Amen

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